• Voilà j’ai accompli mon grand challenge de l’année, l'Ultra Trail de l’EUSKAL dans le très beau Pays Basque au départ de Saint-Étienne-de-Baïgorry, 130 km pour 8000 mètres de dénivelé.

    Déjà une semaine de passée depuis la course et toujours les orteils douloureux !!

    Vous allez me dire... Que ça !!  Elle se plaint, que de ça !! lol ☺

    Le départ du vendredi 11 mai à 5 h du matin, le top avec un super temps annoncé.

    Feu d’artifice, accompagnement en musique, l’euphorie du départ.

    Je trouve que ça part un peu vite pour un 130, j’entends la même remarque autour de moi mais personne ne ralentit !! La première montée ne tarde pas à venir. Suivant le profil de course, il y a 9 belles montées sans oublier les 6 barrières horaires. Dans l’ensemble, j’ai super bien géré la journée de vendredi jusqu’à 3h30 du matin à la base du ravitaillement de Burgete sur la partie espagnole avec mes compagnons de course, connus sur le parcours, Elena (Italienne) et son ami Thierry (vendéen) inscrit en duo sur la même distance. 

    Nous étions 423 au départ compris les « DUO ».

    Très vite, je me suis retrouvée seule. En général ce genre de situation ne me dérange pas. Mais bon, un 130km, en montagne, moi qui vient de ma lointaine Bretagne, me retrouver, seule, en pleine nuit, ne me rassurait pas tellement. J’étais bien contente d’avoir la compagnie d’Elena et Thierry, des personnes averties, surtout Thierry qui avait de belles expériences sur ce type de profil.

    Mais à 3h30 c’est le déluge, des pluies torrentielles viennent tout gâcher.

    Nous voilà parés à affronter le mauvais temps, veste goretex avec capuche, pantalon de pluie, la totale. Oui, mais bon, l’habit ne fait pas le moine. Nous avions chaud dans les montées, très froid en hauteur avec le vent, le brouillard, la pluie battante, les doigts gelés, c’était horrible. 

    Là... dans les hauteurs, je me suis dit, je comprends que des personnes peuvent mourir de froid en montagne. Brruh… ça me fait flipper. Il y avait un tel brouillard qu’à un moment avec Elena, nous paniquions, peur de passer à côté du ravito sans le voir mais Thierry nous a rassuré.

    En arrivant à l’avant dernier ravito, nous étions frigorifiés. C’était le point de rencontre des 3 courses.

    Les 2*25 km  et 2*40 km réparti sur deux jours. Donc un peu plus de monde sur le parcours. Par contre, pas facile d’avoir un peu de place dans un petit refuge de qq m2 et de te dire que toi tu fais le 130 km et qu’il te faudrait une petite place assise au plus vite. Une fois assise, Elena a craqué, elle n’en pouvait plus, elle n’en voulait plus, elle voulait en finir, partir au plus vite.

    Mais le personnel bénévole a très bien géré la situation. Deux jeunes filles très sympas se sont occupées de nous. Nous ont obligés à manger, nous ont aidés à mettre notre couverture de survie sous notre veste de pluie. Très bonne technique à retenir. Elles ont discrètement donné notre signalement au PC course. Nous nous préparions à repartir et là, je n’ai rien compris !! Je ne voyais plus Elena et Thierry !!? Ils ont pris la poudre d’escampette. Un monsieur s’approche de moi et me dit « je vais finir la course avec vous je suis le serre file »

    Surprise dans un premier temps, j’ai vite compris pourquoi. Nous avons passé du temps à nous réchauffer et les derniers nous sont passés devant. Thierry avait bien compris la situation et il était hors de question pour lui de finir avec le serre file.

    Me voilà repartie, dès les premiers mètres, je me suis retrouvée par terre. René m’a aussitôt relevée, trop cool. Le temps que je me réadapte à la situation du terrain, à chaque fois que je glissais, René était là. J’étais trop contente hihi. J’ai donc fait la connaissance de René un « gars du coin » bien averti du parcours. Très rassurant finalement. J’étais bien requinquée et je commençais à reprendre un bon rythme. Il restait 10 km de descente, une très grande partie sur des chemins boueux +++ à flanc de montagne, très technique et surtout très « casse gueule » excusez l’expression mais je n’ai pas d’autre mot. J’ai donc demandé à René de passer devant moi et de me montrer comment faire pour évoluer au plus vite sur ce genre de terrain. Nous avons donc fait du hors-piste pour éviter le danger sans avoir peur de rajouter du kilométrage. C’était super, j’avais comme une sensation de redémarrage de course, je volais, comme euphorique… malgré l’averse de grêle qui s’abattait violemment sur nous et me piquait le visage. La totale, j’en avais presque l’envie d’en rire !!

    J’avais quant même très mal aux cuisses mais bon les kms diminuaient. J’ai dû laisser René avec le dernier des 130. Avec grand regret, j’aurai bien voulu passer la ligne d’arrivée avec lui. Mais le rôle du serre-file est de rester avec le dernier.

    Une fois la ligne d’arrivée franchie tout c passé très vite. Le froid m’a de nouveau envahie. Je n’avais qu’une seule envie ; une bonne douche bien chaude après 35 h 11 de course.

    Quelques jours plus tard, j’ai eu des nouvelles d’Elena et Thierry qui m’ont retrouvé par FACEBOOK. Ils ont bien franchi la ligne d’arrivée, accompagné de leur petite famille. Thierry a choisi ce moment pour demander Elena en mariage. Ils étaient tous dans l’euphories, les pleurs, les rires.

    Comme moi pris par le froid, ils sont rentrés aussitôt pour se réchauffer. 

    Que d’émotion sur cette fin de parcours et que d’échange au cour de ses heures passées dans ces Pyrénées Atlantiques. Un remerciement tout particulier à mon mari, Pascal qui a su partager ces moments avec patience et délicatesse où l’attente devait être longue entre deux ravitaillements et que j’étais toujours heureuse de retrouver. Il m’a gardé le meilleur pour la fin en m’annonçant que j’allais être grand-mère d’un petit garçon. Enfin un petit fils dans notre famille ☺, secret bien gardé pendant toute la course.

    Classement 234/236 pour 107 abandons en 35:11:47

    1ère V2 un podium bien mérite.

    Elena et Thierry : classement duo 23/23 catégorie V1 7 ième mix 35 h 03

    Nora

     


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    2 vidéos intéressantes sur la marche nordique... 


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  • Gifs Animés Fleches (115)Un conseil, pour lire les articles en "pleine page" cliquer dessus    

     


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  • Des conseils de Nora à méditer pour une bonne préparation 2012...

    Quelques leçons tirées d’un Raid du Golfe en 2009… et modestes conseils aux amateurs ! Et d’abord merci à toutes les personnes qui nous ont soutenus pendant le Raid. cheers    
     
    C’est une très belle expérience. Je confirme qu’elle ne se fait pas sans réflexion et sans préparation. J’ai commis quelques petites erreurs. Et par ce commentaire j’espère pouvoir les éviter à quelques-uns d’entre vous….
     
    1. Il faut d’abord évidemment bien se préparer… On ne décide pas de faire 177 kilomètres du jour au lendemain. scratch 
     
    Ma préparation physique était suffisante, et cette préparation, ce n’est pas la « torture ». J’ai pris énormément de plaisir à faire les entraînements avec Janine, Marie-No, MAO, Martine, Gilles. Nous avons eu de super moments.
     
    2. Si vous voulez aller loin, il ne suffit pas de « prendre son pied », il faut savoir les bichonner tous les deux, leur donner le meilleur, le confort… parce qu’ils le valent bien…Et surtout ne pensez pas leur faire plaisir en leur donnant le dernier cri, du neuf et du moderne. C’est pourtant ce qui m’est arrivé. Rolling Eyes 
     
    J’ai voulu trop bien faire en changeant de baskets un mois et demi avant le raid, ayant peur que celles que j’avais utilisées pour le raid des Templiers soient trop usées. J’ai également changé de chaussettes, spéciales trail, matière nouvelle génération, et cela ne m’a pas réussi. Dès le départ, j’ai senti que mon pied glissait. Je pensais que ça venait du fait que j’avais mis de la crème Nok, mais au bout de 10 kms, je ressentais des échauffements au niveau des talons. A ce moment-là., j’ai bien pensé aux pieds de Bertrand, pas beaux à voir après les 24 h de Séné. J’ai donc pris mes précautions à Larmor Baden en mettant du compile sur les 2 talons avec un maintien élastoplaste, assistée d’Odile et de Nathalie.
     
    3. Le raid dure deux jours… Ne prenez pas de provisions pour un mois !
     
    Odile et Nathalie étaient très surprises de la quantité de nourriture que je mettais dans mon Camel back. Je confirme, après l’inventaire de fin de course, il y en avait beaucoup, beaucoup trop. A croire que j’avais vraiment peur de faire une hypoglycémie.
     
    4. Tentez vos expériences avant la course, ne cherchez pas à innover ce jour-là en suivant tous les conseils, y compris ceux qui viennent des « spécialistes-experts »… boire un cou boire un cou
     
    J’ai par exemple voulu suivre le conseil d’Overstime, concernant le fait d’administrer la « potion magique ». On m’avait fortement conseillé de la boire par petites gorgées, le long du parcours, après Larmor Baden. Cela ne me convenait pas du tout. D’habitude, je la bois d’un trait et ça passe très bien. Le résultat, c’est que j’ai été malade toute la nuit. Je m’empêchais de vomir, en me disant qu’il fallait absolument tenir bon et la garder de peur de ne plus pourvoir manger après. J’ai demandé conseil aux personnes que se trouvaient près de moi. J’ai finalement décidé de vomir ma soupe, et j’ai pu à nouveau m’alimenter plus tard. Cela m’a rassuré. gerbe gerbe
    5. Communiquez et prévoyez les rendez-vous, les assistances affectives et techniques. amoureux
     
    Arrivée en bas du Vincin à Vannes, voyant mon mari à la sortie d’un chemin, (merci pour le suivi GPS), j’étais très heureuse et, en même temps, un peu déçue. Je m’attendais à ce qu’il m’appelle pour me demander si j’avais besoin de quelque chose avant de venir. Je lui ai fait savoir avec délicatesse, je crois, qu’il fallait absolument qu’il reparte et m’apporte mes vieilles baskets des Templiers, avec mes vieilles chaussettes. Rien de tel que le vieux finalement (je parle des baskets, pas du mari !). En voyant ma tête très déprimée lors de ma demande, il n’a pu que dire oui. Arrivée à Vannes (à mi -parcours), j’ai donc retrouvé mon vieux matériel. Mais le mal était déjà fait. -ampoules, échauffements- ; de plus je ressentais déjà depuis, avant Larmor Baden, vers le 40 ème km, une douleur derrière le genou gauche. J’ai donc baissé mes guêtres de contention à ce moment-là, pensant que ça venait de ça. 
     
    6. Apprenez à supporter, à endurer… Oui c’est possible ! Et soignez tous vos bobos… et les problèmes qui peuvent vous rendre la course impossible ! méchant
     
    La douleur du creux poplité du genou gauche, s’est amplifiée. J’avais beaucoup de mal à repartir après chaque ravitaillement. Il me fallait au moins une à deux heures de marche avant de pouvoir trottiner. Au dernier grand ravitaillement de Sarzeau, j’ai donc vu un kiné, qui m’a dit qu’il ne pouvait pas faire grand-chose, il m’a tout de même mis un tissu gel de Flextor derrière le genou. Ensuite j’ai pu consulter une podologue pour mes ampoules. Je lui ai indiqué que le tissu gel n’allait sûrement pas tenir, vu qu’il m’avait mis 4 morceaux de sparadrap sur chaque angle, comme une carte postale qu’on accroche au mur. Elle m’a fait un strapping.
    7. Evitez les pansements, les strappings trop serrés. méchant 
     
    J’ai fait remarquer à la podologue, ainsi que ma fille Léa de 14 ans à côté de moi, qu’elle m’avait fait un strapping trop serré. Elle a répondu que la matière allait se détendre plus tard. Pas du tout ! C’est une erreur à éviter.
    8. Gérer deux nuits sans sommeil, ça se prépare… Sleep 
     
    Le fait de ne pas avoir dormi ne m’a pas gêné la première nuit. Pendant la seconde j’ai eu à un moment besoin de mettre la musique de mon Ipod un peu plus forte, lorsque qu’à un moment j’ai eu l’impression que j’étais toujours sur le même chemin, avec les mêmes pierres, les mêmes arbres et une sensation de brouillard devant les yeux.
     
    9. 177 kilomètres, c’est long, et ce sont pour moi les 33 derniers qui m’ont paru les plus longs. De plus, je laissais le passage aux coureurs du 56 kms, et chaque redémarrage me coûtait. Mad
     
    Lors de mon arrivée au Crouesty (enfin), je n’ai ressenti aucune émotion, ma concentration pour retenir l’explosion du mal était telle que je suis restée les dents serrées, même quand j’ai vu mon temps. J’ai pourtant été très surprise, je pensais être vraiment « dans les choux ». Lorsque ma sœur, infirmière, a posé le regard sur ma jambe, elle a craint à une phlébite. Des boules s’étaient formées de part et d’autre du strapping. Heureusement ce n’était pas le cas.
     
    10. Pourquoi souffrir autant? Se faire mal quand on pourrait, se prélasser sur une plage au soleil les doigts de pieds en éventail ? scratch 
     
    Est-ce pour la performance ? Je ne réalise toujours pas. J’en suis pourtant très fière. Malgré tout, je suis restée dans la fourchette de temps que je m’étais donnée. Je pense d’ailleurs que je n’ai toujours pas desserré les dents.
    Je me demande encore où j’ai pu trouver la force d’aller jusqu’au bout? Où sont mes limites ? C’est peut-être aussi cela que l’on cherche… Un trait de notre caractère peut-il être modifié ? Je ne sais pas… Finalement je pense que oui.
    Avec tous les déboires que j’ai pu avoir sur cette grande course, je suis très pressée de la refaire. Maintenant que j’ai mon vécu personnel, mes petites notes, j’ai une revanche à prendre sur la douleur. sunny sunny
    Avis aux volontaires pour 2010. détruire détruire     Nora le 8 juillet 2009
     
     

     154 ème en 35:29:32

       

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